Migration interrégionale au Québec en 2020-2021 : des gains records pour plusieurs régions en dehors des grands centres

Québec, le 13 janvier 2022. – Entre le 1er juillet 2020 et le 1er juillet 2021, 232 000 personnes ont changé de région administrative de résidence au Québec, soit 19 % de plus qu’au cours de l’année 2019-2020. Un portrait de la migration interrégionale en 2020-2021, le premier qui s’inscrit entièrement dans le contexte pandémique, est publié aujourd’hui dans un Bulletin sociodémographique de l’Institut de la statistique du Québec.

Plusieurs régions ont enregistré leurs plus forts gains dans leurs échanges migratoires avec les autres régions du Québec depuis que les données sont disponibles, soit 2001-2002. C’est notamment le cas de régions adjacentes à Montréal comme les Laurentides et Lanaudière, mais aussi de l’Estrie, de la Mauricie et de certaines régions plus éloignées comme la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, le Bas-Saint-Laurent et le Saguenay–Lac-Saint-Jean. En revanche, les régions où se trouvent les plus grands centres ont toutes vu leur bilan migratoire se détériorer.

Les plus forts gains en 20 ans pour plusieurs régions

La région des Laurentides est celle qui enregistre les plus forts gains dans ses échanges migratoires avec les autres régions du Québec en 2020-2021. Son gain net est de 12 700 personnes, soit l’équivalent de 2 % de sa population. Ce résultat est le plus élevé pour la région depuis le début des années 2000. L’Estrie, qui comprend dorénavant les MRC de Brome-Missisquoi et de La Haute-Yamaska, connaît aussi les gains les plus élevés depuis une vingtaine d’années : elle affiche un solde de 8 600 personnes, ce qui lui permet de se hisser au deuxième rang. Les gains ont aussi fortement augmenté pour atteindre un niveau record en Mauricie, dans le Centre-du-Québec et dans la Chaudière-Appalaches. Toutes ces régions avaient aussi connu une forte progression de leur solde migratoire en 2019-2020.

La Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, le Bas-Saint-Laurent et le Saguenay–Lac-Saint-Jean affichent aussi leur bilan migratoire interrégional le plus élevé en 2020-2021, avec des gains d’environ 1 500 personnes. Toutes proportions gardées, la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine figure même au quatrième rang de toutes les régions pour ce qui est de l’ampleur des gains (1,5 % de sa population). Ces trois régions, qui ont souvent été déficitaires dans leurs échanges migratoires dans le passé, voient leur bilan s’améliorer depuis quelques années, mais la progression a été particulièrement forte au cours des deux dernières années.

Une année défavorable aux grands centres, surtout Montréal

Montréal enregistre des pertes nettes de – 48 300 personnes dans ses échanges migratoires avec les autres régions administratives en 2020-2021, ce qui correspond à un déficit de – 2,6 % en proportion de sa population. Il s’agit de son plus lourd déficit depuis le début de la série statistique en 2001-2002. Ses pertes tendent à augmenter depuis quelques années, mais cette tendance s’est amplifiée en 2019-2020 et de façon encore plus nette en 2020-2021.

La Montérégie, la Capitale-Nationale, l’Outaouais et Laval ont aussi vu leur bilan migratoire interrégional se détériorer en 2020-2021. Les trois dernières régions affichent même leur bilan le moins avantageux des 20 dernières années. La Montérégie et la Capitale-Nationale demeurent parmi les régions gagnantes, mais avec des gains moindres, tandis que l’Outaouais a vu ses gains disparaître, une première pour la région. Quant à Laval, elle se maintient du côté des régions déficitaires avec des pertes accrues par rapport à 2019-2020.

Hormis les régions où se trouvent les grands centres, les seules régions qui n’ont pas connu de progression notable de leur bilan migratoire interne en 2020-2021 sont l’Abitibi-Témiscamingue, la Côte-Nord et le Nord-du-Québec. Elles continuent toutes les trois à perdre des résidents au profit des autres régions.

L’Institut de la statistique du Québec produit, analyse et diffuse des informations statistiques officielles, objectives et de qualité sur différents aspects de la société québécoise. Il est le responsable de la réalisation de toutes les enquêtes statistiques d’intérêt général. La pertinence de ses travaux en fait un allié stratégique pour les décideurs et tous ceux qui désirent en connaître davantage sur le Québec.

 

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